Le veau d'or.

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Exode 32.5 et 6 - Lorsqu’Aaron vit cela, il bâtit un autel devant lui, et il s’écria : Demain, il y aura fête en l’honneur de l’Eternel ! Le lendemain, ils se levèrent de bon matin, et ils offrirent des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces. Le peuple s’assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir.

Nous sommes ici dans la triste histoire du veau d’or. Il nous faut faire un certain nombre de constatations. En premier lieu, le veau d’or était une représentation de l’Éternel, le Dieu qui avait fait sortir les Hébreux de l’esclavage de l’Egypte. Ensuite, la fête qui a suivi la fabrication du veau d’or était en l’honneur de l’Eternel, il y a eu des holocaustes et des sacrifices de reconnaissance.

Le peuple s’est réjoui devant Dieu en mangeant, buvant et se divertissant, célébrant sa libération. La Bible ne nous dit pas que cette fête est tombée dans l’immoralité, nous devons nous libérer des images hollywoodiennes de la scène.

En quoi le peuple était-il tombé dans un grand péché comme le signalera le Seigneur à Moïse (Exode 32.7) ? Le peuple s’était fait un dieu à son image. L’adoration qui montait de son cœur n’allait pas vers le Véritable Dieu mais vers comment le peuple voyait Dieu. Le premier constat que nous pouvons faire, c’est que beaucoup de « chrétiens » n’adorent pas le vrai Dieu mais ils adorent l’image qu’ils se font de Lui. La preuve en est que si nous adorions tous le seul vrai Dieu, nous ne serions pas divisés ! Si Jésus était vraiment notre tête, nous n’aurions aucun mal à reconnaître les autres membres du corps. Si chaque ministère obéissait au mandat divin : celui d’édifier le corps dans l’unité, il n’y aurait plus de division, celle-ci serait combattue farouchement (Ephésiens 4.13). Malheureusement le corps se disloque parce que les membres adorent l’image de dieux qu’ils se sont forgée à travers les enseignements qu’ils ont entendu, qu’ils soient de « Paul », « d’Apollos », ou de « Pierre », ou de ce qu’ils croient avoir compris de l’enseignement de Jésus… Vous voyez ce que je veux dire ? Mais la question de Paul résonne comme un signal d’alarme : Christ est-il divisé ? (1 Corinthiens 1.13). La division provient des différentes images de Dieu qui s’affrontent. Jacques nous dit que ce sont nos passions qui nous poussent à la querelle (Jacques 4.1). Le Saint-Esprit est un rassembleur, un unificateur, si l’Eglise d’aujourd’hui est encore divisée, c’est parce qu’elle ne marche pas selon l’Esprit mais qu’elle reste charnelle (1 Corinthiens 3.3).

Pourquoi l’être humain a-t-il besoin de se fabriquer un faux dieu ? Parce qu’il caresse toujours le vieux rêve du jardin d’Eden, il désire être dieu lui-même (Genèse 3.5). Le dieu vénéré n’est plus le maître, il devient le servant. Son identité est rabaissée à la raison individuelle, il devient humain pour ne pas dire humaniste. Il devient le pourvoyeur d’expériences ultra sensorielles, répondant à nos fantasmes mystiques les plus saugrenus. Adorer un dieu fait à notre image valorise la nôtre, nous ramène au centre, nous permet finalement de nous adorer nous-mêmes. La relation envisagée avec le Créateur tient en deux mots : bénis-moi !

Pour savoir si notre adoration est véritable il ne suffit pas d’en analyser la forme, parce que la forme de la vraie adoration et de la fausse sont identiques. Les actes de dévotion peuvent être les mêmes : sacrifices, chants, danse, réjouissance, rire, agenouillement, profond respect… Ce qu’il faut analyser, c’est la motivation profonde. Qu’est ce que je suis en train d’adorer : le Dieu trois fois Saint qui se révèle dans la Bible ou ma propre image de Dieu ? Pourquoi suis-je en train de l’adorer, parce que cette adoration me procure quelle chose ? Jésus nous a dit que : Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité (Jean 4.24). L’adoration ne devient véritable que lorsqu’elle est expérimentale. Chanter à Dieu « Tu es bon » même dans un acte de contrition n’est pas suffisant si je n’ai jamais expérimenté cette bonté. Adorer en psalmodiant « Dieu Tu es Saint » ne sert de rien si je n’ai jamais été mis en contact avec la sainteté de Dieu. Cette connaissance expérimentable ne peut se vivre que sous la conduite du Saint-Esprit. C’est Lui qui prendra de ce qui est au Père et au Fils et qui nous le communiquera (Jean 16.13 et 14). Donc, la véritable adoration envers le Seigneur ne vient pas de la forme mais de la profondeur de notre être intérieur.

Nous devons veiller afin de ne pas être séduits. Quand Adam et Eve ont succombé à la tentation de devenir des dieux, ils ont accédé à la connaissance du bien et du mal. Cette connaissance a produit dans l’être humain le principe révolté contre Dieu que l’on appelle communément la chair. Or, la séduction vient quand nous croyons que la chair n’est capable que de faire du mal. La chair est tout à fait capable de produire du bien ! Elle est capable de faire de belles choses, agréables, nobles, subtiles dans le bon sens du terme. Elle est tout à fait capable de faire croire à une vie consacrée et agréable à Dieu. Paul nous dit cependant que la chair est incapable de plaire à Dieu (Romains 8.8). Le « bien » produit par la chair est aussi abject, réprouvé et rejeté par Dieu que le mal le plus vulgaire et grossier. L’Eglise a cru que l’humanisme était une belle démonstration de l’Evangile, mais le fond de la pensée humaniste est de mettre l’homme au centre, place qui est réservée à Dieu. La véritable adoration ne prendra jamais sa source dans les désirs de la chair mais uniquement dans la conduite du Saint-Esprit. C’est la seule adoration qui soit vraie.

Le diable ne craint pas la louange, il ne craint même pas le nom de Jésus s’il est mal utilisé. Il est tout à fait capable de pousser dans l’euphorie collective religieuse, du moment que l’adoration des chrétiens tire sa source de la chair. Plus c’est euphorique, plus il est « aux anges ». Ce qu’il craint, ce qui le fait fuir à toutes jambes, c’est un enfant de Dieu soumit à son Dieu (Jacques 4.7). Un fils d’Abraham. L’Abraham qui a offert sur l’autel ce qu’il avait de plus cher. L’autel du mont Morija n’a rien de complaisant pour la nature humaine, c’est l’autel où Dieu devient définitivement Dieu pour moi parce que je Lui ai tout sacrifié, sans aucune arrière pensée de profit ou de bénéfice. L’endroit du dépouillement le plus total qui scelle à jamais l’alliance entre Dieu et l’être humain. L’endroit enfin où l’Éternel est aimé pour ce qu’Il est, pas pour ce que nous souhaiterions qu’Il soit. Le diable craint au plus haut point ce genre d’hommes et de femmes.

Tout ceci pour dire qu’il y a une impossibilité qu’il y ait deux autels dans notre être intérieur. Soit l’autel d’adoration dans notre âme sera consacré au Véritable Dieu Immuable, Créateur de l’univers, Celui qui s’est offert en sacrifice pour nous, soit notre autel sera consacré à Mamon. Mamon est bien-sûr l’amour de l’argent déifié, mais il représente aussi l’état d’esprit de la « réalisation de l’être humain ». L’argent donne accès au pouvoir, à l’avoir, à « l’être ». L’autel à Mamon est là pour vénérer ma propre personne même si pour satisfaire ma propre réalisation, j’adresse ma prière d’une manière dévote au Dieu de la Bible. C’est pour cela que « l’évangile de prospérité » sous toutes ses formes n’est autre qu’un autel à Mamon. Je dis bien sous toutes ses formes, je ne parle pas seulement de ces enseignements qui annoncent qu’un chrétien devrait être riche, dominateur en bonne santé mais aussi de ces enseignements qui visent à transcender l’être humain en « quelque chose » qui lui sera offert dans l’éternité. Vivre des expériences surnaturelles pour les expériences elles-mêmes est un sacrifice sur l’autel à Mamon. La Parole de Dieu nous invite à chercher le Donateur pas les dons, même si Paul nous encourage à aspirer ceux-ci ardemment. Je ne suis pas en train de dire que ce soit mal de prier pour nos besoins matériels, pour une guérison ou une délivrance, mais ceci doit se faire toujours dans l’optique que Dieu va Se glorifier dans ma vie.

Ce qui manque cruellement à l’Eglise des derniers temps, c’est la repentance. L’Evangile du Royaume annoncé par Jean le Baptiste et par Jésus a commencé par ces mots : Repentez-vous ! La première prédication des disciples à la Pentecôte était  : Repentez-vous ! La repentance n’est pas une expérience unique dans notre vie avec Dieu, elle serait plutôt un style de vie. S’approcher du seul vrai Dieu provoquera à coup sûr de la crainte. Etre mis en communication avec un Dieu si saint, si pur, si parfait ne peut que nous « atterrer ». N’oublions pas que, dans notre nature humaine, nous ne pouvons pas voir la face de Dieu et survivre. Bien sûr, le sacrifice de Jésus à la croix nous donne accès auprès du Père, mais le sentiment révérencieux de la crainte de Dieu devrait nous pousser dans un état d’esprit de repentance quotidien. La repentance n’est pas un sentiment de dénigrement de soi ni une introspection morbide, elle n’est pas de l’humiliation répétée en réponse à une culpabilité opprimante. La repentance est ce sentiment profond de notre indignité tout en goûtant pleinement à la grâce manifestée par amour pour nous. Cet amour qui émane de la personne même de Dieu nous pousse à chercher à Lui plaire. Nous supplions le Saint-Esprit de nous donner Sa conviction de péché parce que cette conviction va nous mener au salut. Nous supplions encore le Saint-Esprit de ne pas demander dans nos prières des cailles (voir Nombres 11.31 à 33), c'est-à-dire l’exaucement de nos prières charnelles qui vont nous mener à la destruction. Nous soupirons après le réveil, que le réveil vienne comme pour les hommes de Dieu qui ont marché avant nous, à l’exemple de Finney.

Pourquoi nos pays européens sont-ils mûrs pour une persécution ? Parce que la persécution, même si c’est une expérience terrible, n’a pas qu’un aspect négatif. La persécution épure l’adoration. Celui qui se livre à l’adoration dans des temps de persécution sait qu’il sera peut-être amené à payer le prix fort. Quand la persécution sera là, très peu sacrifieront encore à l’autel de Mamon. Le tri va se faire entre ceux qui servent Dieu et ceux qui ne Le servent pas (Malachie 3.18). Mais n’ayez crainte, la persécution verra aussi une manifestation de la gloire de Dieu sans précédent. En tant qu’enfants de Dieu, devons-nous craindre le châtiment ? Bien sûr que non, c’est la garantie que Dieu nous traite comme ses enfants (Hébreux 12.7 et 8).

Hommes frères que ferons-nous ? Prenons un temps d’arrêt. Mettons à profit ce conseil du Psaume 46.10 : Sachons qui est Dieu. Il est possible de savoir qui est Dieu mais cela demande l’humilité d’être prêts à abandonner nos conceptions, nos aprioris, nos préjugés et nos présuppositions. La seule vraie connaissance de Dieu ne viendra que par Sa révélation. Ezéchiel 38.23 nous dit : Je manifesterai ma grandeur et ma sainteté, Je me ferai connaître aux yeux de la multitude des nations, et elles sauront que je suis l’Éternel. Jésus nous dit aussi : Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui. Il n’y a pas d’autre moyen, arrêter et se laisser envahir par Sa révélation.

Ensuite, face à cette révélation, humilions-nous pour les fausses convictions que nous avons nourries au sujet de Dieu. Soyons prêts à reconnaître comme Job : Mon oreille avait entendu parler de Toi mais maintenant mon œil T’a vu, c’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre (Job 42.5 et 6).

Renversons les autels à Mamon. Comme il n’y a pas de place pour deux autels, commençons par faire le ménage. Brûlons tous nos désirs charnels, cassons avec ardeur toutes les fausses images de Dieu adorées dans la communauté chrétienne. Faisons le ministère de Jérémie, arrachons (ou déracinons), détruisons (ou rasons), exterminons, renversons (ou brisons) les autels impurs de nos cœurs ainsi que ceux de l’Église par l’intercession. Faisons table rase de toute once de désir humain d’être encore le centre de nos priorités.

Ensuite, à l’instar d’Élie, reconstruisons l’autel de l’Éternel. C’est sur cet autel que tombera le feu du ciel. Feu purificateur, feu de puissance qui nous permettra d’être les témoins embrasés pour le Dieu trois fois Saint, digne d’être adoré éternellement. Que cette armée se lève.

Ezéchiel 37 Ministères © Mars 2017

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