Le pardon.

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Matthieu 18.21 - Alors Pierre s’approcha de Jésus et lui demanda : Seigneur, combien de fois devrai-je pardonner à mon frère s’il se rend coupable envers moi ? jusqu’à sept fois ?

J'aimerais que nous passions un peu de temps autour du sujet du pardon. C'est un sujet très important qui orientera notre destinée éternelle puisque c'est à cause du pardon que Dieu nous accorde dans sa grâce que nous serons sauvés. En réponse à cette question de Pierre dans notre texte, Jésus va raconter une parabole pour illustrer cette grâce que Dieu nous accorde. Un roi décide de se faire rembourser l'argent qu'on lui doit. L'un de ses serviteurs lui doit une somme astronomique qu'il est évidemment incapable de payer. A cette époque, non seulement on allait en prison pour cela mais tout ce qui appartenait au débiteur était vendu, femme et enfants compris.

Comment s'est-il mis dans cette situation ? La parabole ne le précise pas. Peut-être était-il accro aux jeux, ou il vivait largement au dessus de ses moyens, ou encore sa femme était très dépensière. Peut-être son endettement était-il beaucoup plus noble, ce sont les frais médicaux de ses enfants qui ont créé ce trou. Mais qu'il soit responsable ou victime des circonstances, la situation est pareille : Il est endetté jusqu'au cou et il est dans de sales draps !

Pour nous la situation est identique, nous avons une dette énorme envers Dieu et cette dette s'appelle le péché ! Car tous ont péché et sont privés de la présence glorieuse de Dieu (Romains 3.23) nous dit la Bible. Nous avons tous besoin d'implorer et de recevoir le pardon de Dieu et ce pardon est possible parce que Jésus a payé la dette en mourant sur la croix. En offrant sa vie pour nous, Il a annulé la dette du péché et nous pouvons expérimenter le plein pardon du Seigneur pour nos fautes.

Matthieu 18.27 - Touché de compassion, le maître de ce serviteur annula sa dette et le laissa partir.

Revenons à notre histoire. Le serviteur endetté, conscient de la situation, demande grâce au roi en se jetant à ses pieds et en implorant sa patience. Voyons ce que notre verset dit : le maître annula la dette du serviteur ! Son énorme dette est annulée, il ne doit plus rien, il est libre, il peut retrouver sa famille et vivre, c'est le roi qui va assumer le problème.

Voici un des premiers principes du pardon selon Dieu : remettre la dette ! Quand quelqu'un pèche contre nous, en parole ou en acte, une dette de souffrance est créée. Le péché réclame toujours de la souffrance et quand je décide de pardonner, je prends cette souffrance à mon compte. C'est à dire que je renonce à tout désir de vengeance, de restitution, de revendication ; j'absorbe ce mal envers moi et je le restitue en bien.

Nous sommes appelés à pardonner comme Jésus l'a fait (Colossiens 3.13) et c'est exactement ce qu'Il a fait. Il a absorbé le mal de l'humanité entière à la croix, toute la souffrance que réclamait le péché et Il a renvoyé le bien, l'amour, la grâce et le pardon. Pardonner c'est cela. Vous me direz mais pour nous c'est impossible. Vous avez raison, ce pardon là est divin mais Dieu nous fait la promesse qu'Il peut rendre cela possible en nous. Tout est question de choix : que vais-je décider face à la blessure ? Si nous décidons de rester dans la rancune, la souffrance du péché va continuer à nous ronger, mais si nous décidons de pardonner, qui est bien plus fort que de simplement décider d'oublier, nous activons une puissance de libération et de guérison, libération du coupable (Jean 20.23) et guérison pour le blessé. Cette guérison va commencer dès que tu remettras la dette, que tu vas lâcher les choses en demandant l'aide de Dieu.

Romains 5.8 - Mais le Christ est mort pour nous alors que nous vivions encore en conflit avec lui. N’est-ce pas la meilleure preuve que Dieu nous aime ?

Dans le paragraphe précédent, nous parlions du premier principe du pardon de Dieu : remettre la dette. J'aimerais parler du second : faire le premier pas ! C'est ce que notre texte explique : l'homme a tourné le dos à Dieu, il est parti en claquant la porte et L'a terriblement offensé. Cependant, à travers l'œuvre de Jésus, Dieu donne la possibilité aux hommes de revenir à Lui, Il ouvre la porte vers une solution en faisant le premier pas.

J'entends déjà votre réaction : « Mais c'est moi qui a été blessé et je dois faire le premier pas ? ». Ceci est nécessaire pour deux raisons. La première, comme je le disais précédemment, la blessure cause de la souffrance. La première victime de cette souffrance, c'est moi. C'est comme un cancer dans mon âme qui me ronge et détruit toutes les bonnes cellules de l'amour. En faisant le premier pas vers la réconciliation, je stoppe net la progression de cette « tumeur » et je permets au Saint-Esprit de régénérer les cellules d'amour de mon âme. Ceci ne veut pas dire que je renoue automatiquement la relation avec celui ou celle qui m'a fait du mal, il y a des relations qui sont brisées à tout jamais. Avec certaines personnes, une relation paisible ne sera jamais possible mais, en ayant cette attitude, je suis libre et je peux vivre en harmonie.

La deuxième c'est que : je ne me rends pas dépendant de la repentance de l'autre. Si je reste assis dans mon coin, prostré en disant : « Tant qu'il ou elle ne viendra pas demander pardon, je... ». Imaginez dans quel état serait Dieu s'Il agissait ainsi ! Le nombre de personnes qui ne veulent pas se repentir ! A son image, ne soyons pas ou plus esclaves du choix des autres s'ils n'arrivent pas à se remettre en question ou à s'humilier, cela devient leur problème, plus le nôtre.

Jérémie 31.34 - En effet, je pardonnerai leurs torts, je ne me souviendrai plus de leurs fautes.

Après « remettre la dette » et « faire le premier pas », voici une autre démarche importante dans la puissance libératrice du pardon : oublier la faute. Pour avoir mal compris ce verset, de nombreux chrétiens sont tourmentés dans leur âme parce qu'ils n'arrivent pas à oublier le mal qui les a fait souffrir. Nous devons prendre conscience que Dieu n'a pas de « trous de mémoire », Il n'oublie rien. Que veut dire ce texte alors ? La version du Semeur le traduit bien par : « Je ne tiendrai plus compte de leur péché ». Quand le Seigneur dit qu'Il « oubliera » nos fautes, Il déclare qu'Il n'en tiendra plus compte, elles ne pèseront plus dans la balance, Il n'en parlera plus jamais.

Peut-être avons-nous vécu des choses terribles dans notre passé, nous avons pardonné mais nous n'oublions pas... C'est normal ! Ce que le Saint-Esprit veut faire, c'est nous guérir de la « souffrance du souvenir ». Après sa guérison, nous sommes capables de regarder en face ces évènements douloureux sans souffrir. Nous sommes capables de voir les personnes impliquées dans cette souffrance sans sentiment de colère, de peur ou de haine. Nous ne vivons plus et nous ne réagissons plus par rapport à ce vécu, nous sommes libres parce que ce passé ne nous appartient plus.

Cette étape est très importante pour la reconstruction des relations, surtout dans le couple. Donc pour vivre cette libération je dois prendre une décision personnelle ferme de ne plus tenir compte de la faute commise contre moi. Quand un souvenir douloureux revient dans ma mémoire, je le donne au Seigneur en demandant qu'Il me guérisse, et Il le fera. Lui-même a dit : « Je me tiens auprès de ceux qui ont le cœur brisé » (Psaume 34.18).

Genèse 50.20 et 21 - Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. Soyez donc sans crainte ; je vous entretiendrai, vous et vos enfants. Et il les consola, en parlant à leur cœur.

Si vous êtes un lecteur assidu de la Bible, probablement que vous avez déjà lu l'histoire de Joseph, le fils de Jacob (si ce n'est pas le cas, je vous encourage à le faire). Cette histoire pourrait être l'objet d'un film parce qu'on y retrouve tous les ingrédients d'un bon scénario (elle l'est déjà en fait). Il y a de l'intrigue, du suspens, des drames et même un happy end. Elle est une démonstration éclatante du verset qui dit : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu ! » (Romains 8.28). Les frères de Joseph, poussés par la jalousie, lui ont fait beaucoup de mal. En première intention ils voulaient le tuer, finalement ils le vendront comme esclave pour s'en débarrasser.

J'aimerais faire le contraste entre la conscience de Joseph et celle de ses frères. Après toutes ces années, ils n'étaient pas encore libres de leurs mauvaises actions. La crainte les tenaillait et ils étaient poursuivis par l'angoisse. C'est ce qui nous arrive quand nous ne sommes pas délivrés de la culpabilité. Probablement qu'ils regrettaient leurs gestes mais ils n'étaient pas passés par une véritable repentance, celle qui libère définitivement. Leurs fautes étaient encore là devant eux, ils craignaient les conséquences et ne pouvaient pas se « pardonner » à eux-mêmes. Joseph, la « victime », était pleinement délivré de la douleur. Il voyait dans tous ces événements la main de Dieu ; aucune haine, aucune amertume n'avait réussi à pénétrer son cœur et c'est lui qui devient le consolateur de ses « bourreaux ». Quel bel exemple de pardon, vous ne trouvez pas ?

Ezéchiel 37 Ministères © Mai 2010

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