Moïse (première partie).

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Exode 3.11 - Moïse dit à Dieu : Qui suis-je, pour aller vers Pharaon, et pour faire sortir d’Egypte les enfants d’Israël ?

J'aimerais passer un peu de temps sur Moïse et parler des cinq objections qu'il va présenter à Dieu quand Celui-ci va l'appeler. Nous sommes dans le désert, Moïse fait paître les troupeaux de son beau-père Jéthro, quand l'Éternel apparaît dans un buisson qui brûle mais ne se consume pas. Le Seigneur lui explique la souffrance des Hébreux en Égypte et Il lui demande d'aller libérer son peuple pour le mener dans le pays promis... Il y a de quoi avoir les jambes coupées ! Moïse avait essayé dans le passé de libérer les Hébreux, il avait même tué pour cela et finalement il avait dû s'enfuir. Maintenant il a quatre vingt ans, ce n'est plus le moment pour s'embarquer dans des aventures.

Dans cette première réplique de Moïse, il y a tout le travail du temps passé dans l'oubli. Moïse était quelqu'un à la cour d'Égypte et il se prenait pour quelqu'un mais aujourd'hui, Moïse est un homme « brisé » qui va finir sa vie comme le commun des mortels. Les plus grandes œuvres de Dieu se feront par des hommes et des femmes « brisés », où le temps a gravé les rides de la compassion et de l'amour. Si je me sens capable, je ne le suis pas ! Si je crois avoir la force, je suis faible mais si j'ai conscience de qui je suis, faible et sans ressource, je suis qualifié pour rendre gloire à Dieu. Quand Dieu t'appelle, si ton premier réflexe c'est de dire : mais j'en suis complètement incapable, le Seigneur sourit en se disant : « Bien, très bien ! ». Dieu ne nous choisit pas pour nos compétences, Il nous choisit par grâce. Il exerce sa pleine liberté de choisir qui Il veut, personne ne Lui imposera ce choix. Tu es peut être désabusé, fatigué et déprimé parce que finalement tu as voulu plaire à Dieu dans ta force... Il ne renonce pas à son appel sur ta vie mais Il te dit : « Laisse-moi agir au travers de toi ! ».

Exode 3.13 - Moïse dit à Dieu : J’irai donc vers les enfants d’Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m’envoie vers vous. Mais, s’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ?

Une autre pierre d'achoppement pour Moïse, plus sérieuse que la conscience de son incapacité, était la méconnaissance de Dieu. Israël était en Égypte depuis environ quatre cents ans, le temps des patriarches (Abraham, Isaac et Jacob) était loin derrière eux et probablement que leur foi ne se fondait plus que sur du souvenir et des traditions orales. Il ne suffisait pas de se présenter au nom du Dieu de leurs pères, il fallait que Moïse démontre qu'il le connaissait personnellement. Israël n'avait pas besoin d'un dieu supplémentaire, il avait besoin d'un Dieu en action : l'Éternel seul Créateur.

La révélation que Dieu va donner à Moïse est extraordinaire ; Dieu va se présenter comme « Je suis qui Je suis ». On pourrait passer beaucoup de temps sur cette révélation et je vous invite à le faire mais Dieu se montre comme le Yahvé de l'éternité et du présent en particulier. Il est le Dieu d'Abraham mais Il est aussi le Dieu des Israélites du temps de Moïse et Il est encore aujourd'hui le Dieu unique et vrai. Dans notre société, Dieu, que Jésus-Christ nous a fait découvrir d'une manière encore plus précise, n'est plus, pour beaucoup, qu'un souvenir ou une tradition. Comme les Israélites, les gens sont esclaves et ils ne connaissent plus la puissance de la vie avec Dieu. Ils n'ont pas besoin de religion, ils ont besoin de rencontrer Dieu en action, Celui qui vit aujourd'hui et qui a la toute puissance pour les sortir de là. Vous connaissez le slogan : « Dieu n'est pas mort, je Lui ai parlé ce matin » ? Voilà ce qu'il faut pour notre société : Dieu dans sa réalité d'existence et de son action. « Je suis » est là, juste à nos côtés par son Esprit Saint, c'est le moment de le rencontrer et de Lui parler.

Exode 4.1 - Moïse répondit, et dit : Voici, ils ne me croiront point, et ils n’écouteront point ma voix. Mais ils diront : L’Eternel ne t’est point apparu.

C'est difficile de réaliser que quelqu'un puisse contester face à face avec Dieu, mais pourtant c'est le cas. Quelques versets plus en amont, le Seigneur dit à Moïse que les Hébreux écouteront sa voix et ouvertement Moïse dit : « Ce n'est pas vrai ». L'incrédulité de l'être humain n'a pas de limite ; elle peut s'opposer à l'évidence de la vérité et faire preuve d'une mauvaise foi insensée. Dans le premier chapitre de son épître aux Romains, Paul nous dit pourquoi l'homme réagit ainsi : il ne veut pas abandonner son péché, il préfère adorer la créature au lieu du  Créateur ; l'évidence de l'existence de Dieu étant devant lui, avec la révélation que la nature nous en donne par exemple, il change la vérité en mensonge. Quelle tragédie, l'être humain préfère vivre dans les ténèbres et à cause de ce choix, il devient de plus en plus aveugle.

Mais revenons à Moïse... Le Seigneur ne s'est pas fâché devant cette réaction. Moïse réagissait à cause d'une blessure due au rejet, rappelez-vous, il avait essayé de séparer deux hébreux qui se disputaient (2.14) mais ce rôle n'était pas du tout accepté. Beaucoup de personnes souffrent du rejet et cela influe énormément sur leur comportement. Derrière de la timidité, un bégayement, un caractère difficile ou rebelle, de la dureté de cœur... se cache une peur viscérale d'être rejeté. Moïse préférait rester là, dans l'anonymat, plutôt que de subir un nouvel échec. Cette peur d'être rejeté est en chacun de nous à cause de l'existence du péché dans le monde. A travers le pardon en Jésus-Christ, nous pouvons retrouver notre communion avec Dieu ; Lui peut nous guérir et nous libérer complètement de cette angoisse. Il a promis que jamais Il ne nous abandonnera et qu'Il sera toujours avec nous (Hébreux 13.5).

Exode 4.10 - Moïse dit au Seigneur : Ce n’est pas possible, Seigneur, je n’ai pas la parole facile. Je ne l’ai jamais eue, et je ne l’ai pas davantage depuis que tu me parles. J’ai beaucoup trop de peine à m’exprimer.

Dans le monde, on est sans cesse en recherche de l'excellence. Les critères de sélection sont très stricts et aujourd'hui sur le marché du travail, le demandeur d'emploi trouve rarement dans un premier temps un travail qui correspond à ses compétences et diplômes. Le Seigneur ne tient aucun compte de ces critères, dans le Royaume de Dieu l'éloquence, la prestance ou l'érudition ne sont pas les priorités du choix de Dieu. Il n'y a d'ailleurs aucun critère parce que Dieu choisit en fonction de Lui-même.

Si nous souhaitons servir le Seigneur, Il va nous utiliser dans son Royaume mais c'est Lui, et Lui seul, qui choisit notre destinée. Les Psaumes nous disent : « Il remet debout le misérable qui était tombé à terre, il relève le malheureux abandonné sur un tas d’ordures, pour le mettre au premier rang, avec les nobles de son peuple. » (Psaume 113.7 et 8). J'ai beau faire des études, prier, jeûner ou me lamenter, peut-être que Dieu mettra à la table des nobles un misérable à ma place. J'aurais le sentiment que je suis plus compétent et plus respectable que lui mais « il » est le choix de Dieu. Nous devons apprendre à nous contenter de la place que Dieu nous donne et ne pas laisser notre arrivisme ou notre ambition prendre le dessus. Moïse n'était pas un bon prédicateur, il bégayait probablement, un sacré handicap pour un meneur d'hommes. Dieu n'en tient aucun compte, Il est d'ailleurs tout à fait capable de le guérir.

En conclusion retenons ceci : qui que tu sois, Dieu peut t'utiliser avec force. L'érudition est une très bonne chose mais elle ne nous qualifie pas d'office. Plus jamais de mépris envers un « petit » dans le peuple de Dieu.

Exode 4.13 - Je t’en supplie, Seigneur, reprit Moïse, envoie quelqu’un d’autre !

A bout d'arguments, Moïse essaye une dernière fois d'esquiver l'appel de Dieu et le Seigneur va finir par se fâcher devant tant de résistance. Comprenons bien que l'enjeu ici, ce n'est pas la vie de Moïse, mais des millions de Juifs esclaves de l'Égypte. Notre désobéissance, nos excuses fâchent Dieu parce qu'elles ont des conséquences dans la vie d'autrui. Quelquefois, le Saint-Esprit nous pousse à témoigner mais dans notre for intérieur nous disons : « Non, Seigneur, envoie un autre3. Nous ne prenons pas conscience que l'avenir éternel de cette personne est en jeu et que notre refus peut l'amener en enfer. Arrêtons d'être complaisants avec nous-mêmes et sortons de notre « confort », nous n'imaginons pas le prix qu'a une âme pour Dieu.

Si j'aime mon Seigneur, je vais me laisser envahir par sa compassion et je n'aurai plus peur d'obéir à ce genre d'interpellation. J'aimerais que nous réfléchissions à cela : quel est mon engagement pour Dieu ? Quel est le but de ma vie ? Est-ce que je laisse le « boulot » aux autres ou est-ce que je mets la main à la pâte ? Suis-je une personne sur qui on peut compter ? Suis-je disponible ? Dans la Bible, le service de Dieu n'est pas réservé à quelques « professionnels » mais l'Église est un corps en mouvement et chaque membre a un rôle à jouer. Dieu a un appel pour notre vie, nous avons notre utilité et notre zone de compétence. J'espère que nous n'entendrons pas ces mots terribles : « Qu'un autre prenne sa charge » (Actes 1.20) parce que nous aurons déserté notre poste. Mon ami, aujourd'hui encore, entends l'appel de Dieu sur ta vie et réponds-Lui oui ! Et si tu t'es égaré, si tu as dis non à un moment donné, repends-toi et reviens de tout ton cœur au Père céleste. Ce qui a été raté est raté mais il y a devant toi plein de possibilités pour faire de ton avenir un avenir à la gloire de Dieu...

Sois pleinement béni.

Ezéchiel 37 Ministères © Juin 2010

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